René Fallet naît à Villeneuve-Saint-Georges, nœud ferroviaire de banlieue, mais son imaginaire se partage entre le rail, les cafés populaires, l’argot, la pêche, le vélo et le Bourbonnais familial. Ses parents viennent de l’Allier, du pays de Jaligny ; il y passe une partie de son enfance, y rencontre sa femme, y revient pour écrire, pêcher, recevoir Brassens, Carmet ou Audiard, et y installe une mémoire toujours vivante. La Sologne Bourbonnaise, entre Besbre, bocage, étangs et villages, donne ainsi à son œuvre un territoire d’âme.
« Chez Fallet, le Bourbonnais n’est pas seulement un décor : c’est une manière de rire contre la tristesse, de boire contre la solitude et de parler vrai contre les puissants. »>— Évocation SpotRegio
René Fallet naît le 4 décembre 1927 à Villeneuve-Saint-Georges, en Seine-et-Oise. Cette banlieue sud-est, marquée par le chemin de fer, deviendra la matrice de son premier roman.
Son père, Paul Fallet, est cheminot et vient du Bourbonnais. Cette origine paternelle est essentielle : elle relie la banlieue ouvrière à l’Allier, aux familles provinciales et au pays de Jaligny.
Son enfance se partage entre les rues, les trains, les petits métiers, les récits populaires et les séjours dans le Bourbonnais. Fallet apprend tôt que la langue des gens ordinaires vaut bien celle des salons.
Il quitte l’école assez jeune, tout en obtenant son certificat d’études. Il travaille à Paris, connaît les petits boulots et observe ce monde de coursiers, manutentionnaires, ouvriers et voyageurs qu’il transformera en littérature.
En 1944, il s’engage volontairement. L’expérience de la guerre, la captivité momentanée de son père et la libération obtenue par une lettre au maréchal Pétain renforcent chez lui la conscience du pouvoir des mots.
Blaise Cendrars repère très tôt ses poèmes et le fait entrer à Libération. En 1946 paraît Le Périscope, puis en 1947 Banlieue sud-est, salué comme un événement littéraire.
Dans les années suivantes, Fallet devient romancier, journaliste, critique, scénariste, ami des chanteurs, des acteurs, des pêcheurs, des cyclistes et des gens de bistrot.
Il meurt à Paris le 25 juillet 1983, d’une crise cardiaque, à cinquante-cinq ans. Il est enterré à Thionne, dans l’Allier, signe ultime de son attachement bourbonnais.
René Fallet épouse Michelle Dubois, qui devient Agathe Fallet. Il la rencontre dans le pays de Jaligny, ce qui donne à la Sologne Bourbonnaise une place intime et non seulement littéraire.
Agathe accompagne l’écrivain dans sa vie de voyages, de livres, de maisons, de pêches, de repas, d’amitiés et de fidélités populaires.
Fallet est aussi un écrivain de l’amitié. Georges Brassens compte parmi ses proches ; leur fraternité repose sur la langue, la pudeur, l’anarchisme tendre, les chansons, la fidélité aux pauvres et aux copains.
Jean Carmet, Michel Audiard, Jean-Pierre Chabrol, Robert Doisneau, Antoine Blondin et de nombreux compagnons de route participent à cette constellation.
Cette sociabilité n’est pas décorative. Elle est le cœur d’une vision du monde : mieux vaut une table, un rire, une bouteille, une partie de pêche ou de pétanque qu’un conformisme triste.
Fallet aime aussi le vélo. Il suit les courses, célèbre les coureurs, transforme la bicyclette en instrument de liberté populaire.
La pêche occupe une place majeure dans son imaginaire bourbonnais. Les bords de Besbre, les eaux calmes, les silences et les amis font partie de sa géographie intime.
Pour SpotRegio, sa vie privée et ses amitiés doivent être évoquées sans romancer : l’amour conjugal, la fidélité à Agathe, l’amitié masculine et la maison bourbonnaise structurent l’écrivain.
Banlieue sud-est, publié en 1947, donne d’emblée la voix de Fallet : banlieue ferroviaire, jeunesse populaire, humour, mélancolie, vitesse, insolence et tendresse.
Le Triporteur, publié en 1951, devient l’un de ses livres les plus connus grâce à son adaptation au cinéma avec Darry Cowl. Le roman fait du petit véhicule un emblème de débrouille et de rêve.
Paris au mois d’août obtient le prix Interallié en 1964. Fallet y montre sa capacité à mêler satire, sentiment, ville, solitude et poésie populaire.
Le Beaujolais nouveau est arrivé célèbre les amis, les cafés, les refus du travail abrutissant, l’ivresse joyeuse et la fugue contre la vie mécanisée.
Les Vieux de la vieille, Un idiot à Paris, Le Braconnier de Dieu et La Soupe aux choux donnent au Bourbonnais et aux campagnes populaires une place centrale.
La Soupe aux choux, roman publié en 1980, devient immense par le film de Jean Girault avec Louis de Funès, Jean Carmet et Jacques Villeret. Derrière la farce, il y a la solitude des vieux paysans et la fin d’un monde rural.
Fallet n’est pas seulement un auteur comique. Il mélange le rire rabelaisien, la poésie, la colère sociale, la tristesse, l’amitié et une vraie pitié pour les humiliés.
Dans la Sologne Bourbonnaise, cette œuvre trouve un terrain naturel : villages, cafés, étangs, routes, chemins, braconnage, vieux garçons, fêtes, misère douce et dignité des petits.
Le lien de René Fallet à la Sologne Bourbonnaise n’est pas natal, mais il est très fort. Il naît en banlieue parisienne, mais ses parents viennent de l’Allier, plus précisément du pays de Jaligny.
Jaligny-sur-Besbre occupe une place centrale. Fallet y séjourne, y revient, y rencontre Agathe, y fait construire une maison, y pêche, y fait du vélo et y reçoit ses amis.
La commune entretient aujourd’hui une exposition permanente consacrée à l’écrivain. Les Journées littéraires de Jaligny et le prix René Fallet prolongent cette présence.
La Sologne Bourbonnaise est un territoire de faible relief, d’étangs, de terres agricoles, de vallées ouvertes et de bâti dispersé. Cette géographie convient à l’écriture de Fallet : un pays modeste, un peu hors du vacarme.
La Besbre donne une rivière d’enfance et de retour. Elle n’a pas la grandeur spectaculaire des fleuves, mais elle porte la pêche, les promenades, les souvenirs, les petits ponts et les villages.
Le Bourbonnais de Fallet n’est pas carte postale. Il est fait de cafés, de paysans, de cheminots, de pêcheurs, de vieux amis, de coups de gueule, de silences et de mots crus.
Le territoire permet aussi de comprendre la dualité de l’auteur : banlieue sud-est par naissance, Sologne bourbonnaise par racines et par choix du cœur.
Pour SpotRegio, René Fallet est l’un des meilleurs personnages possibles pour raconter une France populaire qui passe du rail à la rivière, de Paris au Bourbonnais, du rire à la mélancolie.
René Fallet parle à la Sologne Bourbonnaise par le retour. Il n’y naît pas, mais il y revient comme à un pays d’origine, de famille et de liberté.
Le territoire de Jaligny-sur-Besbre n’est pas un décor ajouté après coup. Il est lié aux parents, à l’enfance, au mariage, à la maison, à la pêche et à la mémoire locale.
La Sologne Bourbonnaise est un pays de faible densité, d’étangs, de terres agricoles et de villages espacés. Cette lenteur correspond à la part rurale de Fallet.
Ses personnages aiment les bistrots, les routes, les rivières, les copains, les vieux mots et les résistances minuscules. Ils ressemblent à des survivants d’un monde que la modernité rend ridicule mais précieux.
La Soupe aux choux donne une forme populaire à cette lecture. Le rire y masque la disparition d’un monde de vieux paysans, de voisinages, de solitude et d’attachement aux lieux.
Pour SpotRegio, Fallet est un personnage rare : il relie la banlieue des cheminots au Bourbonnais des eaux lentes, le cinéma populaire à la littérature, le rire à la tendresse.
Lire Fallet en Sologne Bourbonnaise, c’est entendre une langue qui fait confiance aux petits, aux vieux, aux ivrognes magnifiques, aux pêcheurs et aux copains.
Jaligny-sur-Besbre, Thionne, la Besbre, les étangs, les routes bourbonnaises, Villeneuve-Saint-Georges, Paris, Brassens, Carmet, Audiard et La Soupe aux choux composent la carte d’un écrivain populaire à double patrie.
Explorer la Sologne Bourbonnaise →Ainsi demeure René Fallet en Sologne Bourbonnaise : non comme un natif du territoire, mais comme un fils revenu, un banlieusard bourbonnais, un écrivain de la Besbre, des vieux copains, des rires tendres et des campagnes qui résistent.