Personnage politique • Pays de Pont-à-Mousson, Lorraine, 1789 et monarchie constitutionnelle

Stanislas de Clermont-Tonnerre

1757–1792
Le noble lorrain qui voulut concilier 1789, la monarchie et les droits civiques

Stanislas Marie Adélaïde de Clermont-Tonnerre naît au château d’Hamonville, à Mandres-aux-Quatre-Tours, dans le duché de Lorraine, à une courte distance du pays mussipontain. Officier, colonel de cavalerie, député de la noblesse de Paris aux États généraux de 1789, il devient l’une des grandes voix monarchiennes de la Révolution française. Partisan d’une monarchie constitutionnelle, défenseur des droits civiques des Juifs et des protestants, il meurt assassiné à Paris le 10 août 1792, dans l’effondrement de la royauté qu’il avait voulu réformer.

« Clermont-Tonnerre appartient à ces hommes de 1789 qui voulaient transformer l’Ancien Régime sans perdre la monarchie : en lui, la Lorraine des familles nobles rencontre la Révolution des droits. »— Évocation SpotRegio

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De Hamonville à l’Assemblée nationale

Stanislas Marie Adélaïde de Clermont-Tonnerre naît le 8 novembre 1757 au château d’Hamonville, à Mandres-aux-Quatre-Tours, dans le duché de Lorraine.

Son lien au Pays de Pont-à-Mousson doit être formulé avec précision : il n’est pas né dans la ville même de Pont-à-Mousson, mais dans son voisinage lorrain, entre Toulois, Woëvre, Mad et Moselle et pays mussipontain.

Il appartient à la maison de Clermont-Tonnerre, ancienne noblesse française originaire du Dauphiné, mais implantée dans un réseau aristocratique national et lorrain.

Son père, François-Joseph de Clermont-Tonnerre, marquis de Clermont-Tonnerre, et sa mère, Marie Anne de Lentilhac de Gimel, lui donnent une éducation de grand lignage.

Son grand-père Gaspard de Clermont-Tonnerre, maréchal de France, incarne l’honneur militaire de la famille. Stanislas suit donc naturellement la carrière des armes.

Il devient officier de cavalerie, puis colonel, avant que la Révolution française ne le fasse basculer dans la vie politique.

Élu en 1789 premier député de la noblesse de Paris aux États généraux, il rejoint le camp des nobles libéraux qui acceptent la transformation constitutionnelle du royaume.

Son itinéraire se termine tragiquement à Paris le 10 août 1792, jour de la chute des Tuileries et de la monarchie constitutionnelle.

Louise de Rosières de Sorans et l’héritage d’une noblesse de service

Stanislas de Clermont-Tonnerre se marie en 1782 avec Marie Louise Joséphine Delphine de Rosières de Sorans. Cette union l’inscrit dans les sociabilités de cour et de haute noblesse de la fin de l’Ancien Régime.

Son épouse est liée à la maison de Madame Élisabeth, sœur de Louis XVI, dont elle fut dame de compagnie. Ce détail donne à la vie familiale de Clermont-Tonnerre une proximité directe avec l’entourage royal.

Le couple a plusieurs enfants, mais la mortalité infantile frappe la famille : selon les généalogies, seule la fille aînée parvient à l’âge adulte.

Il n’existe pas, dans les sources usuelles, de grande liaison amoureuse documentée qui doive être intégrée comme ressort central de sa vie. La page se concentre donc sur le mariage, les enfants et les fidélités familiales.

Sa vie privée est indissociable d’un monde social qui s’écroule : celui des officiers nobles, des pensions, des charges, des alliances et des maisons proches de la cour.

Dans la tragédie de 1792, sa famille devient aussi celle des survivants d’un monde bouleversé. La veuve de Stanislas poursuivra sa vie après la mort de son époux.

Le personnage ne doit pas être réduit à son nom aristocratique. Il incarne une noblesse qui tente de se convertir au langage constitutionnel sans renoncer à l’ordre monarchique.

Pour SpotRegio, cette dimension familiale permet de montrer la complexité d’un homme : noble de naissance, époux, père, officier, mais aussi acteur de la Révolution des droits.

Réformer la monarchie sans la renverser

Clermont-Tonnerre appartient au courant des monarchiens, ces députés qui veulent une monarchie constitutionnelle forte, équilibrée par des institutions représentatives.

Il défend un modèle proche de la monarchie parlementaire anglaise : deux chambres, un pouvoir royal réel, un veto du roi et une constitution écrite.

Sa position est difficile : trop révolutionnaire pour les ultras de l’Ancien Régime, trop modérée pour les courants républicains ou démocrates radicaux.

En juin 1789, il fait partie du groupe de nobles qui rejoignent l’Assemblée nationale après le serment du Jeu de paume. Ce geste est fondamental : une partie de la noblesse reconnaît la souveraineté représentative.

À l’Assemblée, il se signale par la clarté de son éloquence, sa culture juridique et sa volonté de mettre en forme les débats constitutionnels.

Il est élu président de l’Assemblée nationale à plusieurs reprises, signe de son importance dans les premiers mois de la Révolution.

Avec Malouet, Lally-Tollendal et d’autres, il défend une voie médiane : conserver la monarchie, mais la transformer pour répondre aux principes de 1789.

Cette voie échoue progressivement. Varennes, les divisions de l’Assemblée, les clubs, la rue, les peurs et les guerres rendent impossible la synthèse qu’il avait imaginée.

Le discours sur les Juifs et l’universalisme de 1789

L’un des moments les plus célèbres de la carrière de Clermont-Tonnerre est son intervention de décembre 1789 sur les droits civiques des Juifs.

Sa formule, souvent citée, affirme qu’il faut tout refuser aux Juifs comme nation et tout accorder aux Juifs comme individus. Elle exprime une conception française de la citoyenneté individuelle.

Cette phrase doit être lue dans son contexte. Elle défend l’égalité civile des personnes, mais refuse la reconnaissance politique d’un corps séparé au sein de la nation.

Clermont-Tonnerre plaide aussi pour la reconnaissance des droits des protestants et pour une citoyenneté détachée des appartenances religieuses.

Son universalisme est donc à la fois moderne et daté : moderne par l’égalité des droits, daté par son refus de penser la pluralité collective autrement que comme menace pour l’unité nationale.

Cette position fait de lui un acteur majeur du débat sur l’émancipation des Juifs en France, aux côtés de l’abbé Grégoire et d’autres défenseurs des droits civiques.

Le débat aboutit finalement en 1791 à l’émancipation des Juifs de France, l’un des grands actes de la Révolution.

Pour SpotRegio, ce motif est central : un noble né aux portes du pays mussipontain participe à l’invention d’une citoyenneté française qui dépasse la naissance et la religion.

Le 10 août 1792 et la fin d’une monarchie réformée

Après la Constituante, Clermont-Tonnerre ne peut pas être réélu à l’Assemblée législative. Il poursuit néanmoins son combat par l’écriture et les réseaux monarchiens.

Il fonde ou anime des sociétés et journaux favorables à une monarchie constitutionnelle, dont le Club des Impartiaux et la Société des Amis de la Constitution monarchique.

Il publie une Analyse raisonnée de la Constitution française, puis ses Opinions, tentant de donner une cohérence doctrinale à sa position.

Mais l’année 1792 balaie les équilibres. La guerre, la défiance envers le roi, les fédérés, les sans-culottes, les clubs et les soupçons de trahison radicalisent la situation.

Le 10 août 1792, les Tuileries sont prises. La monarchie constitutionnelle s’effondre. Clermont-Tonnerre, identifié comme monarchien et proche du parti royal constitutionnel, est en danger.

Arrêté puis relâché, il est poursuivi par des émeutiers et assassiné le même jour, défenestré ou jeté par une fenêtre selon les récits.

Sa mort a valeur de symbole : elle marque l’impossibilité, ce jour-là, de défendre une monarchie modérée entre le roi discrédité et la Révolution radicalisée.

Le personnage demeure tragique parce qu’il meurt précisément dans la ruine de la solution politique qu’il avait cherchée.

Mandres, Hamonville et le Pays de Pont-à-Mousson

L’ancrage territorial de Stanislas de Clermont-Tonnerre repose d’abord sur Mandres-aux-Quatre-Tours et le château d’Hamonville, son lieu de naissance.

Ce village n’est pas Pont-à-Mousson, mais il appartient à une même géographie lorraine de plateaux, routes militaires, châteaux, terres seigneuriales et proximité mussipontaine.

Le lien au Pays de Pont-à-Mousson doit donc être présenté comme un ancrage de voisinage, de pays lorrain et de bassin historique, non comme une naissance dans la ville de Pont-à-Mousson elle-même.

Pont-à-Mousson donne au territoire une force particulière : ville universitaire, ville de ponts, ville de droit, située sur la Moselle, elle résume le monde intellectuel et institutionnel de la Lorraine moderne.

Mandres, Hamonville, la Woëvre, le Rupt-de-Mad, la Moselle et le pays mussipontain forment autour de Clermont-Tonnerre un paysage d’Ancien Régime lorrain.

Il faut aussi rappeler que le duché de Lorraine n’est rattaché à la France qu’en 1766, alors que Stanislas est encore enfant. Sa naissance se situe donc dans une Lorraine récemment intégrée.

Cette précision donne du relief au personnage : un noble lorrain de naissance participe, vingt-trois ans plus tard, à l’unification politique de la nation française par la Révolution.

Pour SpotRegio, il est une figure intéressante du Pays de Pont-à-Mousson parce qu’il relie la Lorraine des châteaux à la France des droits.

Repères pour suivre Stanislas de Clermont-Tonnerre

📍
1757 — Naissance à Hamonville
Stanislas naît au château d’Hamonville, à Mandres-aux-Quatre-Tours, dans le duché de Lorraine.
📍
1766 — Rattachement de la Lorraine
Le duché de Lorraine est définitivement réuni au royaume de France.
📍
années 1770 — Carrière militaire
Il suit la tradition familiale et entre dans la carrière des armes.
📍
1778 — Voyage à Vienne
Il séjourne dans les milieux diplomatiques proches de Breteuil.
📍
1781 — Héritage symbolique
La mort de son grand-père Gaspard renforce l’ombre militaire familiale.
📍
1782 — Mariage
Il épouse Marie Louise Joséphine Delphine de Rosières de Sorans.
📍
1789 — États généraux
Il est élu premier député de la noblesse de Paris.
📍
25 juin 1789 — Ralliement à l’Assemblée
Il rejoint avec d’autres nobles l’Assemblée nationale.
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juillet 1789 — Travaux constitutionnels
Il participe aux débats sur la constitution et les institutions.
📍
1789 — Droits des minorités
Il défend l’accès des Juifs et des protestants aux droits civiques.
📍
décembre 1789 — Discours sur les Juifs
Sa formule sur la nation et les individus devient célèbre.
📍
1790 — Club des Impartiaux
Il tente d’organiser le courant monarchien modéré.
📍
1791 — Société monarchique
Il participe à la Société des Amis de la Constitution monarchique.
📍
1791 — Analyse raisonnée
Il publie une critique et analyse de la Constitution française.
📍
octobre 1791 — Opinions
Il rassemble et publie ses interventions parlementaires.
📍
avril 1792 — Plans monarchiens
Il reste engagé dans les milieux qui veulent sauver la monarchie constitutionnelle.
📍
10 août 1792 — Assassinat à Paris
Il meurt lors de la journée qui renverse la royauté.

Le temps de Clermont-Tonnerre, entre Lorraine française et Révolution

🏰
1757 — Ancienne noblesse française
La maison de Clermont-Tonnerre appartient au grand monde nobiliaire.
🏛️
1766 — Lorraine française
La Lorraine devient pleinement française après la mort de Stanislas Leszczynski.
👑
1774 — Louis XVI roi
La monarchie entre dans ses dernières décennies.
📚
1770s — Lumières politiques
Réformes, droits, constitutions et critique de l’absolutisme circulent.
⚔️
1780s — Crise de l’État
La dette, les privilèges et la représentation politique provoquent la crise.
🏛️
1789 — États généraux
Les ordres sont convoqués et la Révolution commence.
📜
1789 — Déclaration des droits
L’égalité civile devient le langage central de la Révolution.
🕍
1789–1791 — Émancipation des Juifs
Les débats sur la citoyenneté religieuse culminent en 1791.
🏛️
1790 — Monarchiens
Le courant constitutionnel modéré tente de stabiliser 1789.
👑
1791 — Fuite à Varennes
La confiance envers Louis XVI s’effondre.
⚔️
1792 — Guerre révolutionnaire
La France entre en guerre, accélérant la radicalisation politique.
🔥
10 août 1792 — Chute des Tuileries
La monarchie constitutionnelle est renversée dans la violence.

Pourquoi Clermont-Tonnerre compte pour le Pays de Pont-à-Mousson

Stanislas de Clermont-Tonnerre compte pour le Pays de Pont-à-Mousson parce qu’il naît dans son voisinage lorrain immédiat, à Mandres-aux-Quatre-Tours, au château d’Hamonville.

Le lien doit être nuancé, mais il est pertinent : le pays mussipontain, la vallée de la Moselle, Mad et Moselle et les plateaux de Woëvre composent un même arrière-plan d’Ancien Régime lorrain.

Ce territoire donne au personnage une origine de frontière : Lorraine anciennement ducale, récemment française, noble, militaire, rurale et seigneuriale.

À l’Assemblée, Clermont-Tonnerre défend pourtant une citoyenneté qui dépasse précisément les corps, les ordres et les appartenances particulières.

Le contraste est fort : né dans un monde de château, il plaide pour que les individus deviennent citoyens.

Cette tension fait tout l’intérêt patrimonial de la page. Elle montre comment un territoire de l’Ancien Régime produit un acteur de la Révolution constitutionnelle.

Pour SpotRegio, Clermont-Tonnerre est une figure de passage : du château d’Hamonville à la tribune nationale, de la Lorraine ducale à la France des droits, de la noblesse militaire à la politique moderne.

Ce que la page doit faire sentir

🏰
Hamonville
Le lieu de naissance, château lorrain au cœur du dossier territorial.
🏘️
Mandres-aux-Quatre-Tours
La commune natale, voisine du pays mussipontain.
🌉
Pont-à-Mousson
Le centre de référence territorial, ville de Moselle et de droit.
⚔️
Officier noble
La tradition militaire des Clermont-Tonnerre.
🏛️
États généraux
Le basculement d’un noble vers la politique nationale.
📜
Monarchie constitutionnelle
Le rêve monarchien d’un 1789 stabilisé.
🕍
Citoyenneté des Juifs
Le discours majeur sur droits individuels et nation.
📰
Impartiaux
Le journal et le club des modérés monarchiens.
🔥
10 août 1792
La mort tragique dans l’effondrement de la monarchie.

Lieux d’âme et de mémoire

Destins croisés

Note éditoriale : Stanislas de Clermont-Tonnerre n’est pas né dans la ville de Pont-à-Mousson, mais au château d’Hamonville, à Mandres-aux-Quatre-Tours, à proximité du pays mussipontain. Le lien au Pays de Pont-à-Mousson est donc territorial, lorrain et de voisinage historique, fondé sur le bassin Mad et Moselle, le duché de Bar et la mémoire des châteaux.

Découvrez le Pays de Pont-à-Mousson de Stanislas de Clermont-Tonnerre, entre Hamonville, Mandres, Moselle, Lorraine et Révolution

Château d’Hamonville, Mandres-aux-Quatre-Tours, Pont-à-Mousson, Mad et Moselle, duché de Bar, Paris, États généraux, Assemblée nationale et Tuileries composent la carte d’un noble lorrain devenu acteur tragique de 1789.

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Ainsi demeure Stanislas de Clermont-Tonnerre : né dans une Lorraine de châteaux, formé par l’honneur militaire, porté par l’espérance constitutionnelle, puis brisé dans la violence d’une Révolution qu’il voulait rendre compatible avec la monarchie et les droits.