Aux confins de l'Orléanais, du Perche et de la Beauce, le Thymerais déploie ses collines boisées, ses vallées encaissées et ses villages de silex et de tuffeau dans un paysage d'une beauté discrète et préservée. Pays de bocage et de forêts, il est l'un des territoires les moins connus et les plus authentiques de la France centrale.
Le Thymerais s'étend principalement dans le nord-ouest du département d'Eure-et-Loir, autour de Châteauneuf-en-Thymerais. Ce pays de bocage occupe une zone de transition entre la plaine beauceronne au sud et les collines percheronnes au nord, avec des paysages de bocage vallonné, de forêts de chênes et de hêtres, et de vallées encaissées creusées par la Blaise et ses affluents.
Châteauneuf-en-Thymerais, Anet, Senonches et Brezolles sont les principales localités du Thymerais. Le territoire est dominé par la forêt domaniale de Senonches, l'une des plus belles forêts de chênes et de hêtres de la région Centre. Les villages aux maisons de silex et de tuffeau, les manoirs cachés dans les vallées et les châteaux qui jalonnent la Blaise composent un paysage d'une beauté secrète. Chartres est à 40 kilomètres au sud-est, Dreux à 20 kilomètres au nord.
Le Thymerais fut, dès l'Antiquité, un territoire de passage et de frontière. Les Carnutes, peuple gaulois dont Chartres était le centre religieux, contrôlaient ces forêts avant la conquête romaine. La voie romaine reliant Chartres à Dreux traversait le Thymerais, dont les forêts servaient de refuge aux populations lors des invasions. Le nom « Thymerais » viendrait du latin « Tiberiacum », domaine de Tibère ou d'un personnage du même nom.
Au Moyen Âge, le Thymerais était un comté aux confins de la Normandie, du Perche et de l'Orléanais. Les comtes de Châteauneuf-en-Thymerais jouèrent un rôle important dans les guerres féodales entre le roi de France et les ducs de Normandie. Le château de Châteauneuf-en-Thymerais, dont il ne reste que des ruines, fut l'une des places fortes de cette marche disputée. Les abbayes et les prieurés qui jalonnaient le territoire témoignent de l'importance de la vie religieuse dans ce pays de bocage.
Le Thymerais fut marqué par la présence de Diane de Poitiers, favorite d'Henri II, qui fit construire le château d'Anet — chef-d'œuvre de la Renaissance française — sur les bords de la Blaise. Ce château, conçu par Philibert de l'Orme, est l'un des monuments les plus importants de l'architecture Renaissance en France. Il fut offert par Henri II à Diane de Poitiers et devint le symbole de leur amour légendaire. Après la mort d'Henri II, Diane fut contrainte de quitter Anet par Catherine de Médicis.
La Révolution française et les guerres de Vendée affectèrent peu le Thymerais, territoire rural et enclavé. Le XIXe siècle vit le développement de l'agriculture et de l'artisanat local. La forêt de Senonches fut aménagée pour la chasse royale puis impériale. Le XXe siècle apporta peu de changements dans ce territoire préservé, qui conserve encore aujourd'hui son caractère bocager et forestier.
Le Thymerais est avant tout le pays du château d'Anet, l'un des chefs-d'œuvre de la Renaissance française. Ce château, construit par Philibert de l'Orme pour Diane de Poitiers, est un monument d'une élégance et d'une harmonie exceptionnelles. Son portail d'entrée, avec la sculpture de Diane chasseresse par Benvenuto Cellini (aujourd'hui au Louvre), son dôme et ses jardins à la française en font l'un des sites les plus remarquables de la région Centre.
La forêt de Senonches est l'autre grande richesse du Thymerais. Ce massif forestier de 4 000 hectares de chênes et de hêtres est un haut lieu de la randonnée, de la chasse et de la découverte de la nature. Le Thymerais est aussi un pays de traditions artisanales : poterie, vannerie, travail du bois perpétuent des savoir-faire ancestraux dans les villages bocagers. La gastronomie locale s'appuie sur les produits du bocage : volailles, fromages de chèvre, gibier des forêts et pommes des vergers.
Le Thymerais est ce pays discret où Diane de Poitiers fit surgir de la forêt le château d'Anet, l'un des joyaux de la Renaissance française — ses collines boisées de hêtres et de chênes, ses vallées encaissées où coule la Blaise, ses villages de silex et de tuffeau composent un paysage d'une beauté secrète que les siècles n'ont pas altérée, l'un des territoires les plus authentiques et les moins courus de la France centrale.