Pays du vin et des pierres dorées, entre la Saône et les Monts du Beaujolais, où les coteaux de gamay produisent l'un des vins les plus célèbres du monde, et où les villages aux maisons de grès ocre semblent posés là depuis l'éternité, entre vignes et châteaux médiévaux.
Un aperçu en images des joyaux du Beaujolais
Le Beaujolais est l'un des pays les plus attachants de France — un territoire de vignes et de pierres dorées, entre la Saône et les premiers contreforts du Massif Central, où la vigne a façonné depuis deux millénaires non seulement le paysage, mais l'âme même des habitants. Son histoire est celle d'une seigneurie médiévale qui donna son nom à toute une région : les sires de Beaujeu, dont la capitale était la petite ville de Beaujeu dans les Monts, exercèrent pendant des siècles une domination sur ce territoire avant de le vendre aux Bourbons en 1400, puis de le voir rattaché à la couronne de France.
L'histoire du Beaujolais est indissociable de celle de son vin. La vigne y est cultivée depuis l'Antiquité romaine — les légions de César, en traversant la Saône, remarquèrent les coteaux ensoleillés propices à la viticulture. Mais c'est au Moyen Âge, sous l'impulsion des moines de Cluny et de Cîteaux, que la viticulture beaujolaise prit son essor. Le gamay, cépage emblématique du Beaujolais, fut longtemps interdit par les ducs de Bourgogne qui le jugeaient « très mauvais et très déloyal plant » — ce qui n'empêcha pas les vignerons beaujolais de le cultiver en secret, jusqu'à ce que sa réputation finisse par s'imposer dans le monde entier.
Le Beaujolais nouveau, lancé à la fin du XXe siècle comme un phénomène marketing mondial, a paradoxalement occulté la richesse des dix crus du Beaujolais — Moulin-à-Vent, Fleurie, Morgon, Brouilly, Côte de Brouilly, Chénas, Chiroubles, Juliénas, Saint-Amour, Régnié — qui produisent des vins d'une finesse, d'une complexité et d'une capacité de vieillissement remarquables. Ces crus, issus de terroirs granitiques et schisteux d'une grande diversité, sont l'expression la plus accomplie du génie vigneron beaujolais.
Pays du grès ocre doré, villages médiévaux perchés — Oingt, Châtillon-d'Azergues, Bagnols — vignobles de beaujolais villages et châteaux Renaissance.
Les dix crus — Moulin-à-Vent, Fleurie, Morgon, Brouilly, Juliénas — sur les coteaux granitiques du nord, cœur de la viticulture beaujolaise.
Rebord occidental du Massif Central, forêts de sapins, chaumes, landes, villages de montagne aux traditions pastorales ancestrales.
Plaine alluviale entre Saône et coteaux, villes de négoce — Villefranche, Belleville — ports fluviaux et guinguettes.
Les grandes dates qui ont façonné le Beaujolais
Les Romains cultivent la vigne sur les coteaux du Beaujolais dès le Ier siècle de notre ère. La route de Lyon à Autun, l'une des grandes voies romaines de la Gaule, traverse le pays. Les légions de César remarquèrent les coteaux ensoleillés propices à la viticulture, posant les bases d'une tradition viticole qui allait durer deux millénaires.
Les sires de Beaujeu, seigneurs puissants établis dans les Monts, étendent leur domination sur toute la région qui prend leur nom. Leur château de Beaujeu, aujourd'hui disparu, fut l'un des plus importants de la région lyonnaise. Les moines de Cluny et de Cîteaux développent la viticulture sur les coteaux.
Guichard IV de Beaujeu fonde Villefranche-sur-Saône, ville neuve destinée à concurrencer les bourgs existants. Dotée de franchises commerciales attractives, elle devient rapidement la capitale économique du Beaujolais. Sa rue Nationale, l'une des plus belles de France, témoigne encore de sa prospérité médiévale.
La seigneurie de Beaujolais est vendue aux Bourbons. Le pays devient une annexe du duché de Bourbon, puis est rattaché à la couronne de France lors de la confiscation des biens du connétable de Bourbon en 1527. Cette intégration au domaine royal marque le début d'une longue période de prospérité.
Le Beaujolais connaît un essor viticole considérable. Le gamay, longtemps interdit par les ducs de Bourgogne, s'impose comme le cépage emblématique du pays. Les négociants de Lyon et de Mâcon développent le commerce du vin beaujolais, qui commence à rayonner au-delà des frontières régionales.
Les dix crus du Beaujolais obtiennent leurs appellations d'origine contrôlée. Moulin-à-Vent, Fleurie, Morgon, Brouilly, Côte de Brouilly, Chénas, Chiroubles, Juliénas, Saint-Amour et Régnié (1988) constituent l'élite de la viticulture beaujolaise, produisant des vins d'une finesse et d'une complexité remarquables.
Le Beaujolais nouveau, lancé le troisième jeudi de novembre, devient un phénomène mondial. Des millions de bouteilles sont expédiées dans le monde entier le même jour. Si ce succès commercial a parfois occulté la richesse des crus, il a contribué à faire connaître le Beaujolais dans le monde entier.
Les édifices et sites qui forgent l'identité du Beaujolais
Perché sur son éperon rocheux de grès doré, Oingt est l'un des plus beaux villages médiévaux de France. Ses ruelles pavées, ses maisons de pierres dorées et sa tour de guet du XIIe siècle offrent un panorama exceptionnel sur les vignobles du Beaujolais.
L'un des plus beaux châteaux du Beaujolais, construit au XVe siècle. Son architecture gothique flamboyant, ses tours rondes et son puits Renaissance en font un joyau du patrimoine beaujolais. Ses caves abritent un vignoble de Brouilly réputé.
Installé dans l'ancien couvent des Ursulines à Villefranche-sur-Saône, ce musée retrace l'histoire du Beaujolais à travers ses traditions viticoles, artisanales et populaires. Ses collections témoignent de la richesse et de la diversité du patrimoine beaujolais.
Le Moulin-à-Vent, « roi des vins du Beaujolais », est le cru le plus puissant et le plus apte au vieillissement. Son vieux moulin du XVe siècle, perché sur les coteaux granitiques de Romanèche-Thorins, est le symbole le plus reconnu du Beaujolais dans le monde.
L'une des plus belles rues de France, bordée de maisons à galeries des XVe et XVIe siècles. Ses arcades, ses cours intérieures et ses façades de pierre témoignent de la prospérité médiévale de la capitale du Beaujolais.
Construit en 1676 par Jules Hardouin-Mansart pour le père de La Chaize, confesseur de Louis XIV, ce château baroque est entouré du plus grand vignoble d'un seul tenant du Beaujolais. Ses caves voûtées du XVIIe siècle sont un chef-d'œuvre d'architecture viticole.
Ceux qui ont marqué l'histoire et l'âme du Beaujolais
Découvrez les territoires historiques limitrophes
Sources et ressources touristiques officielles
Portail officiel du tourisme en Beaujolais, avec toutes les informations sur les vignobles, les villages et les événements.
Site officiel de l'interprofession des vins du Beaujolais, avec informations sur les dix crus et les appellations.
Site officiel de la capitale du Beaujolais, informations sur la rue Nationale, le patrimoine et les événements culturels.