Pays de bocage et de landes aux confins du Maine, de la Bretagne et de la Normandie, le Calaisien déploie ses paysages préservés autour de Gorron et des vallées de la Colmont et de l'Aron. Territoire de marches, de patrimoine roman et de nature authentique, il est l'un des pays les plus discrets et les plus attachants du Maine occidental.
Le Calaisien tire son nom de la Calais, petite rivière qui traverse ce pays de bocage aux confins nord-ouest de la Mayenne. Ce territoire de marches, aux frontières du Maine, de la Bretagne et de la Normandie, est caractérisé par ses paysages bocagers denses, ses collines granitiques et ses vallées encaissées creusées par la Colmont, l'Aron et leurs affluents. Gorron, petite ville de granit dominant la vallée de la Colmont, en est la principale localité.
Le Calaisien est un pays de bocage dense, avec ses haies de chênes et de frênes délimitant des parcelles d'élevage bovin et ovin. Ses paysages préservés, ses villages de granit et ses nombreuses chapelles et oratoires témoignent d'une tradition catholique et rurale profondément enracinée. Le territoire est traversé par plusieurs sentiers de randonnée qui permettent de découvrir ses paysages bocagers et ses vallées encaissées.
Aux confins du Calaisien et de la Normandie se trouvent les landes et les forêts de la Manche normande, qui donnent à ce territoire une identité paysagère particulière, à mi-chemin entre le bocage mayennais et les landes normandes. Les villages de Saint-Denis-de-Gast, de Gorron et de Landivy sont les localités les plus emblématiques du Calaisien.
Le Calaisien s'étend sur la partie nord-ouest du département de la Mayenne, entre la Normandie au nord, la Bretagne à l'ouest et le Bocage Mayennais au sud et à l'est. Ce territoire de plateaux et de collines granitiques est caractérisé par ses sols siliceux et argileux, peu perméables, qui favorisent la formation de landes humides et de bocage dense. Les altitudes varient de 100 mètres dans les vallées à 350 mètres sur les hauteurs du massif armoricain.
La Colmont, l'Aron et la Calais sont les principales rivières du territoire, qui creusent leurs vallées dans le massif granitique et offrent des paysages de bocage humide d'une grande richesse écologique. Le Calaisien est l'un des territoires les plus préservés du Maine occidental, avec ses haies vives, ses prairies permanentes et ses zones humides qui abritent une faune et une flore exceptionnelles.
Le Calaisien fut, dès l'Antiquité, un territoire de forêts et de landes peu peuplé, aux confins des territoires des Diablintes — peuple gaulois dont Jublains était la capitale — et des Abrincates normands. Les Romains établirent quelques voies de communication traversant le territoire, mais évitèrent les zones les plus humides et les plus boisées. Le christianisme pénétra tardivement dans ces landes, et les premiers monastères furent fondés aux confins du Calaisien et du Bocage Mayennais.
Au Moyen Âge, le Calaisien fut le théâtre de nombreux conflits entre les comtes du Maine, les ducs de Bretagne et les seigneurs normands. Les châteaux forts de Gorron et de Landivy témoignent de l'importance stratégique de ce territoire frontalier. Les seigneurs de Gorron, vassaux des comtes du Maine, jouèrent un rôle important dans la défense de la frontière bretonne et normande. Les guerres de Chouannerie (1793-1800) marquèrent profondément le Calaisien, qui fut l'un des foyers de la résistance royaliste contre la Révolution.
Le XIXe siècle vit le développement de l'agriculture dans les plaines du Calaisien et l'essor de l'élevage bovin laitier, qui fait encore aujourd'hui la réputation de ce territoire. Le XXe siècle apporta l'électrification des villages et le développement du tourisme de nature — randonnée, pêche, observation de la faune — qui font aujourd'hui la réputation touristique du Calaisien.
Le Calaisien est ce pays de marches discret où les haies vives du bocage mayennais rencontrent les landes normandes et les bocages bretons, où les chouans de Jean Chouan menèrent leur guérilla tenace dans les haies et les bois contre les armées de la République, et où les vallées de la Colmont et de l'Aron déroulent leurs méandres entre des villages de granit immémoriaux — l'un des pays les plus préservés et les plus authentiques du Maine.